Wangenbourg Engenthal
Éclats de cuivres sur
fond d’orage
Façon big band, Les Célestins ont swingué avec talent, pour le
plus grand plaisir du public venu nombreux. PHOTO DNA
Des notes de jazz ont dernièrement transporté Wangenbourg-Engenthal sur les
bords du Mississippi. Ambassadeurs du jazz de la Nouvelle Orléans, les
Célestins, se sont produits avec grand succès.
Sage décision des organisateurs, le concert
qui devait initialement se dérouler la semaine dernière dans le cadre somptueux
du château, s’est tenu dans la salle polyvalente. Le ciel nuageux et des
éclairs encore lointains ont incité à la prudence.
Chacun y va de son chorus
Plus d’une centaine de spectateurs sont au rendez-vous, pas une chaise ne
manque, les bénévoles ont accompli quelques prodiges en très peu de temps.
Aux premières notes de Bourbon Street Parade, les spectateurs sentent déjà
que cette soirée sera exceptionnelle. Les accords s’enchaînent avec précision,
le soubassophone imprime de sa basse puissante la mesure en contrepoint d’une
batterie régulatrice. Le porte-parole du groupe, Christophe Burger, annonce
Melancoly : ce morceau va permettre à chaque musicien de faire apprécier son
talent et de présenter au public la sonorité de son instrument. Chacun y va de
son petit chorus. Clarinette aux stridulations suraiguës et saxo baryton
égrènent leurs notes opposées dans un désaccord savamment dosé. Visiblement,
malgré quarante ans de concerts et de représentations les musiciens, ne
s’ennuient pas, les spectateurs non plus.
Un glissando du trombone suivi de l’éclat cuivré et rageur de la trompinette
et c’est un concours d’improvisations qui anime les musiciens.
Dans le plus pur style Nouvelle Orléans, Sweet Lotus, une marche typique qui
fait frissonner d’aise les spectateurs déclenche de longues salves
d’applaudissements.
À la reprise, il est clair pour tout le monde, que les états du sud des
États-Unis ont aussi bénéficié de l’apport culturel de l’Amérique du sud. Rumba
Negro, donne au jazz des accents latins très convaincants. Lors de l’exécution
d’un standard de Duke Ellington, le groupe semble changer de dimension. Le
cornet gratifie le public de solos étincelants. En final, pour When The Saints
Go Marching In, les Jazzmen, hormis le batteur, descendent dans la salle et
continuent à jouer, mêlés aux spectateurs.